Je pratique l’auto-hébergement : mon expérience

Dans cet article, je vais vous parler de mon expérience dans l’auto-hébergement. Mais avant cela, il faut que vous compreniez ce qu’est l’auto-hébergement.

L’auto-hébergement, kézako :

L’auto-hébergement est une pratique consistant à héberger ses services Internet personnels sur ses propres machines, chez soi. Il s’oppose à l’utilisation de services d’hébergements chez un prestataire. Souvent pratiqué par les entreprises, l’auto-hébergement intéresse également les particuliers pour diverses raisons. Il permet notamment d’avoir le contrôle et la responsabilité de ses propres données. (source Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Auto-h%C3%A9bergement_(Internet))

Ces quelques phrases résument parfaitement ce qu’est l’auto-hébergement : mettre ses services chez soi et devenir autonome.

Techniquement, il existe deux types d’auto-hébergement :

1 – L’hébergement de ses données sur un serveur dédié dans un datacenter type Online, OVH, qui peut s’apparenter à un faux auto-hébergement
2 – L’hébergement de ses données sur son propre ordinateur chez soi qui lui est, par conséquent, le vrai auto-hébergement

Pourquoi s’auto-héberger, les avantages :

– Éviter de stocker ses données personnelles chez des prestataires
– Avoir le contrôle sur ses données
– Avoir son site Web personnel sur son ordinateur
– Gérer sa messagerie sans passer par un tiers
– Accéder à ses données depuis n’importe quel ordinateur connecté à internet

Et surement d’autres raisons qui vous seront propres

Les solutions :

Pour s’auto-héberger, cela demande certaines connaissances techniques que tout le monde n’a pas. Si vous n’êtes pas informaticien avec une bonne connaissance d’administration système, cela va être plus compliqué pour vous.

Heureusement, des libristes passionnés ont pensé à vous et vous ont concocté quelques applications pour vous faciliter la tâche :

– YunoHost : solution facile pour gérer l’auto-hébergement d’applications web (site, blog, cloud…)
– La Brique Internet : petit ordinateur qui permet d’héberger ses données chez soi
– Cozycloud : une plateforme auto-hébergée qui fournit plusieurs services
– Sandstorm : plate-forme d’auto-hébergement d’applications web virtualisées et sécurisées


Les inconvénients
 :

– Cela demande du temps, donc, de l’investissement personnel
– Avoir une bonne bande passante pour les performances, idéalement avoir la fibre optique
– La sécurité c’est vous donc avoir un minimum de connaissance en Linux, en réseau, en sécurité, en administration système
– L’achat du serveur (ordinateur) et le coût de la consommation électrique (le serveur doit rester allumer 24h/24h)
– Avoir un nom de domaine à soi

Mon expérience :

Avant de pratiquer le vrai auto-hébergement (serveur à la maison), j’étais déjà pratiquant du faux auto-hébergement chez Online.net. Avec une ligne adsl et un débit très bas, je ne pouvais pas me permettre de mettre mes services à la maison. Je gérais donc mes services sur un serveur dédié avec Yunohost comme outil de gestion de serveur.

La fibre étant arrivé sur Amiens et ensuite dans mon quartier, j’ai choisi, à ce moment, de sauter le pas et de tout transférer à la maison.

Chez Online, je louais un serveur mais à la maison, à part un vieux PC, je n’avais pas de serveur à ma disposition. En Janvier de cette année, je me suis mis à la recherche d’un serveur pas trop cher et j’ai trouvé mon bonheur en allant sur le site LSO Serveur Occasion : https://www.serveur-occasion.com. Sur ce site, j’ai acquis un HP Proliant DL360 G5 avec au départ 16Go de Ram pour seulement 72 Euros. J’y ai ajouté 16 Go supplémentaire pour 20 Euros. Le serveur étant vendu sans disque dur, j’ai ajouté mes disques personnels et cela donne maintenant la configuration suivante :

– 1 serveur HP Proliant DL360 G5 avec
– 2 processeurs Xeon double coeur
– 32 Go Ram
– 3To de stockage en Raid 5 soit 2.5 To disponible

Mon FAI étant Free, mon débit en fibre optique est de 500Mo en Download et 200Mo en Upload. Un gros avantage également avec Free est l’adresse IP, qui elle, est fixe. Avoir une IP fixe facilite grandement l’auto-hébergement.

Contrairement à mon serveur Online, Yunohost ne sera pas installé directement sur le serveur maison, mais, sur une machine virtuelle.

Pour virtualisé mon Yunohost, j’ai choisi d’utiliser une application de virtualisation du nom de Proxmox que vous pouvez vous procurer à cette adresse : https://www.proxmox.com/en/downloads.

J’ai téléchargé l’image ISO de Proxmox, j’ai créé le CD d’installation et l’ai installé sur mon serveur maison. J’ai ensuite créé une machine Virtuelle pour accueillir Yunohost.

Pour la machine virtuelle (VM), j’ai téléchargé l’image ISO de Debian Stretch (version 9) dans Proxmox en me rendant à l’adresse suivante : htttps://www.debian.org/distrib/netinst. Debian 9 me permettra d’installer la nouvelle version de Yunohost : la 3.0. L’ancienne version tournait sur Debian Jessie (version 8).

Avant de m’occuper de Yunohost, j’ai d’abord configuré la partie routeur de ma Freebox et redirigé les ports sur l’adresse IP locale de ma machine virtuelle : port 80, 443 (http, https), port 22 (ssh), port 5222, 5269 (XMPP) et les ports 25, 587 et 993 (SMTP et IMAP)

Une fois la Freebox configurée et redémarrée, je me suis lancé dans l’installation manuelle de Yunohost avec la commande de préinstallation suivante :
bash <(wget -q -0- https://install.yunohost.org/)

Une fois la préinstallation terminée, j’ai lancé la commande suivante : yunohost tools postinstall pour installer les outils Yunohost et configurer mon nom de domaine. Si vous n’avez pas encore de nom de domaine, l’équipe de Yunohost a pensé à vous et vous en propose un gratuitement en .nohost.me ou en .nohost.st.

Exemple de nom de domaine :

– monpremierdomaine.nohost.me
– monpremierdomaine.nohost.st

Une fois Yunohost installé, mon serveur était en place. Encore me fallait-il créer mon premier utilisateur. Cet utilisateur sera l’administrateur du serveur. Je lui ai donc donné un mot de passe fort pour une bonne sécurité du compte.

Après la création de l’administrateur Yunohost, le travail pouvait vraiment commencé avec l’ajout de mes noms de domaine et installation de mes services :

Mastodon : réseau social décentralisé et fédéré (alternative à Twitter)
Peertube : hébergement de vidéo décentralisé et fédéré avec la diffusion en pair à pair
SearX : méta-moteur de recherche qui ne vous piste pas et respecte votre vie privée
Zerobin : un pastebin minimaliste, libre. Le serveur n’a aucune connaissance des données copiées
OpenSondage : service de sondage libre et alternatif

N’ayant pas les moyens d’un GAFAM, les services qui suivent sont réservés à mes connaissances :

Nextcloud : une alternative à Dropbox ou Google Drive
Lutim : application d’hébergement et de partage d’images de façon anonyme
Wallabag : une alternative à Pocket. Mettez de côté vos articles blogs et onglet à lire plus tard
Rainloop : webmail léger. Vous pourrez utiliser votre adresse mail fourni à l’inscription du compte

Au niveau sauvegarde, j’utilise actuellement Proxmox, avec lequel, je sauvegarde ma VM Yunohost régulièrement.


Ma conclusion
 :

Avoir mes services à la maison est un plus pour moi : je ne dépend plus des services extérieurs et je suis responsable de mes données. Ayant quelques connaissances comme adminsys (je ne suis pas un expert), l’utilisation de Yunohost me permet d’être autonome et me facilite chaque jour la gestion de mon serveur.

Attention : Je dois dire, toutefois, que l’auto-hébergement n’est pas donné à tout le monde. Il vous faudra du temps pour l’installation du matériel, des connaissances à acquérir et un peu d’argent.

La route est longue mais la voix est libre…

Pour marque-pages : Permaliens.

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